La fabrication des canons Damas
Ce procédé aurait été
mis au point par les arabes au moyen age.
Ils forgeaient leur lame
d’épée avec un mélange de fer et d’acier.
Au fil du temps, le
procédé se répandit jusqu’en Europe et c’est en 1804 qu’un français nommé CLOUET
introduisit ce procédé en France pour la fabrication des canons de fusils.
Plus tard, le procédé
parvint en Wallonie où il obtint beaucoup de succès.
Au pays de Liège,
l’industrie du canon damas se localisa dans la vallée de la Vesdre soit dans la
région de Olne, Nessonvaux, Fraipont, Trooz, La Brouck, Forêt, Chaudfontaine et
Vaux sous Chèvremont car la Vesdre et ses affluents donnaient leur force motrice
à ces machines qui forgeaient ces canons.
Procédé
Sans entrer dans les
détails techniques qui ne feraient qu’alourdir le texte, signalons que le damas
se fabrique au moyen de baguettes à section carrée de 7 à 8 mm d’épaisseur.
Elles sont obtenues par
laminage de « masses ou lopins » composés de plaques et de tiges d’acier
mélangées à chaud et assemblées en proportions variables.
La disposition des deux
métaux permet de multiples combinaisons dont notamment les dessins variés qui
apparaissent sur le canon terminé.
Les différents damas
Ceux-ci sont très
nombreux, nous pouvons notamment citer, le damas étoilé, le Bernard double, le
crollé extra fin, le Washington, le Boston, l’Oxford, le Birmingham, le rubané,
le damas anglais, le Leclère, le turc, le torché, le Higny, le damas fer de
clous, le laminette simple, le damas anglais coupé, le damas Thonon, le Prince
Albert, le Zénobe Gramme, London, Chiné, Chaînette, clou de cheval, damas
imitation Léopold Bernard etc…
Le summum du
savoir-faire consistait à disposer les métaux de telle manière qu’une fois
terminé, le canon présentait une inscription ou un nom au milieu des lignes
ornementales.
La fabrication d’un
canon de fusil
1ere opération, la
torsion.
Les baguettes étant chauffées au rouge dans la forge, elles sont ensuite
assujetties à l’établi et tordues rapidement.
2e
opération, l’assemblage.
Suivant le cas, plusieurs baguettes sont portées au
blanc soudan.
Elles sont alors martelées jusqu’à l’obtention d’un
ruban régulier.
Chauffé à nouveau, ce ruban est enroulé sur un
mandrin recouvert
d’une chemise en
tôle destinée à rigidifier l’ensemble.
Plusieurs rubans, soudés
bout à bout, sont nécessaires pour l’enroulement d’un canon.
Le canon ainsi apprêté
est porté au blanc puis martelé pour souder les spires.
3e
opération, le forage.
Cela consiste à enlever une partie de l’acier à l’intérieur du canon pour mettre
celui-ci au calibre désiré.
4e
opération, le dressage.
Un ouvrier s’assure que le canon est bien droit en l’examinant et en le
redressant
au marteau ou à la machine.
5e
opération, le meulage.
Le canon est soumis au meulage pour le blanchir et le rendre cylindrique en
faisant disparaître toutes les inégalités extérieures venues de forge.
6e
opération : le décapage.
Le canon est enduit d’acide sulfurique pour faire ressortir le dessin du damas
et s’assurer qu’il ne comporte aucun défaut. L’acier apparaît alors en noir et
le fer en blanc. Le canon est ensuite rincé à l’eau.
Les canons dits « en
blanc »étaient alors livrés aux fabricants
d’armes. Ce sont eux qui se chargeaient du « garnissage ».
Finition
Il fallait aussi leur donner leur aspect définitif
soit "noir"
en polissant le canon à la main ou à la machine pour lui donner un aspect
brillant faisant ressortir le noir et le blanc des métaux.
Soit "en
couleurs" en bronzant le canon jusqu’à
obtenir diverses teintes allant de l’olive au brun foncé en passant par le brun
clair.
Soit "voilé"
on bronzait noir et le dessin du damas apparaissait mais voilé.
Soit "miné"
on dérochait à nouveau le canon en le plongeant dans un bain d’acide
chlorhydrique. On distinguait alors un léger creux entre les volutes des métaux.
Le faux damas
Le faux damas présente
une apparence sensiblement différente du vrai damas.
Celui-ci était obtenu en
utilisant un canon en fer ou en acier et en traçant sur sa surface avec un corps
gras et un pinceau, des figures qui rappellent les volutes des moires.
Les canons étaient alors
trempés dans un acide qui n’attaquait que les endroits non recouverts par le
corps gras, puis lavés et nettoyés.
Les canons portaient
alors les traces creuses et en relief qui évoquaient les fibres cristallines du
moiré véritable.
Pour imiter le damas en
couleurs, on enduisait le canon par le procédé de la décalcomanie, d’une
préparation brunâtre et vernissée évoquant les dessins du fer et de l’acier.
GG










Quelques photos d'une très belle réalisation









