Les plus belles réalisations de cet artisan, et bien d’autres encore, se trouvent dans le livre "Les armuriers Liégeois à travers leurs réalisation.

1800 - 1950".

Pour tous les détails voir : LES ARMURIERS LIEGEOIS

Léonard Soleil

C’est l’armurier liégeois Gustave PREVOST, fabricant d’armes rue du Pot d’Or, 27 à Liège qui est à l’origine l’acquéreur des brevets d’Ismaël Isaac ABADIE.

Il aurait ensuite revendu ses brevets à Léonard SOLEIL, armurier liégeois également et y demeurant rue St Léonard, 477.

Le 13 Juin 1889, Léonard SOLEIL à la veille de se retirer, rétrocède sa propriété des brevets ABADIE à son fils Léon qui en poursuivra l’exploitation jusqu’en 1897.

TAYLERSON présente le système ABADIE comme une simple modification en précisant :

«  La modification ABADIE était la simplification même, car elle se limitait seulement à entraîner le placement d’une came appropriée sur la partie interne de l’axe de portière de chargement. Lorsque l’on abaissait cette portière, l’axe pivotait et la came qui y était incorporée repoussait vers l’arrière le mentonnet, rompant ainsi la liaison entre le chien et la détente. La détente ne faisait que soulever le linguet afin de provoquer la rotation du barillet sans pour cela armer le chien

Lorsque la portière de chargement était ouverte, et le chien était mis au repos, la détente pouvait être pressée à coups répétés sans pour cela qu’il y eût une mise à l’armé du chien !

Voilà pourquoi il n’était pas possible de faire feu avec l’arme pendant qu’on la chargeait ou déchargeait.

Les chambres se trouvaient alignées rapidement et automatiquement, sans enrayage aucun, lors du déchargement ou lorsqu’il fallait se servir de la tige éjectrice pour enlever les douilles contenues dans le barillet.

Après 1887, on mit en pratique un système de sécurité additionnel. Si la portière de chargement était en position d’ouverture, le revolver ne pouvait pas être mis au cran d’armé. Autre cas de figure, le chien était préalablement à l’armé, si l’on actionnait ensuite la portière, il pouvait s’abattre mais sans arriver en fin de courses pour percuter.

Ce type de sûreté n’était pas une prodigieuse nouveauté dans la construction des armes à barillet ; une idée semblable de Michaël KAUFMANN également d’origine liégeoise, l’ayant déjà précédée, et le revolver anglais à extraction automatique réglementaire Enfield comprenait également pour sa part une sûreté de portière.

D’autre part ce revolver fut adopté vers 1875 par l’armée portugaise et produite par Léon SOLEIL à Liège. Dans ce cas l’arme portait le poinçon de contrôle et de réception FA (Fabrica de Armas) des autorités portugaises.

Le présent exemplaire est une arme à vocation civile puisqu’elle est gravée du nom du commerçant vendeur de l’arme au détail soit Charles BERNTHEISEL FILS A NANCY.

L’arme porte les poinçons du banc d’épreuves de Liège, soit :

ELG sur étoile dans un ovale : acceptation définitive, en usage de 1846 à 1893.

X sous étoile : contremarque du contrôleur post 1877.

Cette arme a donc été fabriquée entre 1877 et 1893.

Le fabricant en est SOLEIL, Léonard, rue St Léonard, 477 à Liège. Il est connu pour trois brevets armuriers.

L’inventeur en est ABADIE Ismaël ingénieur français.

La marque LH au revers d’une plaquette de crosse est inconnue mais devrait vraisemblablement appartenir au monteur à bois ayant fabriqué ces crossettes.

Je ne saurais trop vous conseiller la lecture de l’excellent article de Henri Vuillemin dans la Gazette des Armes n° 387 de mai 2007.

GG

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