ELN (?)

Voici ce qu'en dit le propriétaire :

CARABINE percussion annulaire  9MM  FLOBERT (1850)

Système Eliphalet Remington (rolling block 1867)

Fabriquée par Henri PIEPER, armurier à Liège (de 1866 à 1898)

et ELN (initiales des frères Emile et Léon NAGANT ???)

pour Henry Emile FAURÉ LE PAGE, armurier à Paris (de 1868 à 1913)

Description :

- longueur totale 970mm, canon octogonal (8 pans) longueur 565mm, alésage 8,7mm, 4 rayures,  hausse et guidon montés sur queues d’aronde, cran de mire monté sur hausse par queue d’aronde, latéralement réglable,

- Alimentation/Extraction : brevet E. Remington.

- Poinçons à partir de la ligne de visée (pan 1) sens horaire:

- Bloc de percussion  numéroté 385 + 2 poinçons

- Crosse anglaise long quadrillage, fût ciselé, pontet à volutes, plaque de couche métallique lisse. marquée côté gauche : niveau du chien : 2591, niveau du pontet : 550

Et voila les conclusions de notre équipe de spécialiste :

Voici une classique carabine de "tir de loisir" vendue par la célèbre maison parisienne Fauré Le Page (1868-1913), en calibre 9 mm annulaire, canon à quatre rayures, de fabrication liégeoise (au plus tard en 1877, voir plus bas). Les grandes maisons françaises (et les autres) s’approvisionnaient volontiers à Liège au XIXe siècle, et ce jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Cette carabine est assurément de bonne fabrication, et se distingue surtout – à mon avis – par son canon rayé qui n’est pas courant du tout. Signe en tout cas qu’elle n’est pas destinée aux cartouches à plomb, comme les nombreuses « carabines de jardin » très courantes jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale.

Je n’ai pas grand-chose à ajouter à l’analyse déjà exhaustive réalisée par l’heureux propriétaire.

Les marquages

385 : plus que vraisemblablement un numéro de fabrication

N couronné : contremarque d’un contrôleur, en usage entre 1853 et 1877 (ce qui semble donc être l’année limite de fabrication de la carabine).

ELG sur étoile dans ovale : acceptation entre 1846 et 1893

Viennent ensuite trois mentions : Brevet Remington, H. Pieper et deux fois les initiales ELN, une fois sous deux lances et croix à leur intersection.

Il est indubitable qu’il y a un air de ressemblance avec les modèles 1867 de Remington, mais il s’agit ici d’une version très légère et très simplifiée,

 ne serait-ce que parce que la ou les munitions utilisée(s) ne justifie(nt) pas un mécanisme aussi costaud.

Il est vrai aussi que ces types de carabines et de pistolets sont souvent appelés Warnant, à tort ou à raison,

 il faudrait approfondir la question.

On peut écarter tout lien avec Henri Pieper qui n’a jamais fabriqué de telles armes

 (voir le livre « Bayard, les hommes, les armes et les machines du Chevalier, Pieper & Cie, 1859-1957 », par Michel Druart).

Enfin, il y a eu certes des liens étroits entre Remington et les frères Nagant

 (voir à ce sujet le livre "Les revolvers et les fusils Nagant" par Claude Feys et René Smeets, paru en 1982).

Mais la société Nagant n’a pas fabriqué de telles armes de "tir de loisir".

Le fabricant est peut-être ELN, mais ni les initiales ni la marque ne sont connues en Belgique (du moins dans l’état actuel de nos connaissances).

Je penche dès lors résolument pour un "coup publicitaire" du fabricant, hélas inconnu.

Je n’oserais l’attribuer à une maison aussi réputée que Fauré Le Page.

GP avec l’aide de MC

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