Les plus belles réalisations de cet artisan, et bien d’autres encore, se trouvent dans le livre "Les armuriers Liégeois à travers leurs réalisation. 1800 - 1950".

Pour tous les détails voir : LES ARMURIERS LIEGEOIS

O. P. Drissen & Cie

Par Rickgun

Cette arme a 48.25 pouces de long avec un canon de 31.875 pouces et un calibre de .577. Le fusil combine les caractéristiques du Enfield et du fusil léger Minié. Il a la platine Enfield, le bois, le canon et les organes de visée du fusil français. Le canon est rayé avec trois rayures. La platine, la garde de détente et la plaque de couche sont en laiton tandis que les bandes du canon sont en acier. Les bandes sont retenues par des ressorts.

L’arme a été fabriquée à Liège par O.P. Drissen & Cie et est estampée en différentes places par leur marque, une ancre flanquée des lettres D et C. Le canon est aussi estampé des marques du banc de Liège. Un petit bouclier en laiton avec un aigle de relief est apposé sur le bois. Quelques exemples ont un marquage de l'Ohio.

Le “ordnance department” a évalué l'arme comme une arme de première classe. Il est cité dans les “1865 Instructions for making quarterly returns of ordnance and ordnance stores” comme "Fusil, Liège, baïonnette sabre, calibre .577”.

Malheureusement les rapports d’achat ne sont pas aussi clairs. Le rapport des armes de la guerre civile de William Edwards rapporte que l'arme était fabriquée à Liège pour l'empereur brésilien Dom Pedro quand elle a été achetée pour l'effort de guerre nordiste. Edward spécule que les armes pourraient être des "Enfield belge" vendu par William Syrus et frères. Cependant, seulement 180 " Enfield Belge "sont inclus dans les livraisons avec encore 320 pièces identifiées seulement comme "Fusil Enfield". Il y a simplement trop d'exemples existants pour une si petite quantité.

En outre, “Frederick Todd’s American Military Equipage” crédite C.K. Garrison accomplissant son contrat pour des "Fusils Minié du modèle de Liège avec des baïonnettes sabre" avec la livraison de 5.800 "mousquets Enfield". Le contrat de Garrison a également tenu compte de la substitution des mousquets Enfield. Un coût de 27 dollars a pu indiquer un certain type d'Enfield court. Ainsi Garrison devient la source probable des armes.

 

Concernant le fusil .577 fourni par l'industrie liégeoise à l'Ordnance Department voici quelques informations glanées dans "L'armurerie liégeoise et la guerre de sécession 1861 - 1865" de Francis BALACE.

Le 26 07 61, John Pondir de Philadelphie obtint de l'Ordnance Department une commande pour la fourniture de 10.000 fusils rayés Minié .58 avec sabre-baïonnette au prix de 18,50 usd à livrer par lot de 1.000 à partir du 1er novembre. Pondir fit exécuter sa commande par l'industrie liégeoise mais suite à l'engorgement de celle-ci et aux difficultés de transport, il sollicita un délai supplémentaire pour la livraison. Le 4 octobre 1862 il avait fourni 11.372 fusils (dont 1.390 achetés sur l'open market).

Les armes étaient soit des carabines de Chasseurs de Vincennes (au calibre américain), soit plus vraisemblablement des Miniés brésiliens .577 fabriqués à Liège pour l'armée de Don Pedro (mais dont certains furent utilisés par une unité de marine de New York) qui combinaient les caractéristiques des carabines françaises et des Enfields. Balace a trouvé trace de deux de ces carabines : l'une utilisée par les 6th et 7th Ohio Cavalry aux batailles de Whitestone Hill et de Killdeer Mountain fabriquée par P.J. Malherbe & Cie et l'autre portant la marque de L. Lambin & Cie.

Le marquage Ohio : durant l'automne 1862, le manque d'armes de cavalerie obligea le général Ripley à envoyer à l'état de l'Ohio (et à l'Iowa) 1.900 "carabines légères françaises .58" pour la dotation d'unités de cavalerie levées par ces états. Un marquage Ohio était appliqué au fer rouge sur les crosses.

Le marquage DC entourant une ancre : ce poinçon se retrouve sur des armes d'importation mais également de fabrication US (fusil colt, Spencer modèle Navy, Enfield de fusilier marin) utilisées par la marine américaine. Il pourrait s'agir du poinçon d'un Navy Yard nordiste mais sûrement pas celui d'un fabricant.

Nombre de fusils de guerre soumis à l'épreuve par O.P. Drissen :

1857 :      917

1858 :   1.598

1859 :      937

1860 :   3.718

1861 :   4.820

1862 : 14.427

1863 : 12.221

1864 :      595

1865 :      346

1866 :      152

1867 :      393 - fin d'activité

Cette production est relativement modeste par rapport à celle des autres fabricants.

Christian P.

 

Photos aimablement autorisées par "FINE ARMS"

DRISSEN ou DRIESEN

Cette entreprise nommée DRIESEN P et Cie a été active de 1845 à 1874.

Elle a été reprise de 1874 à 1900 par DRIESEN Ferdinand rue forgeur, 10 à Liège, lequel a déposé deux brevets en 1898 et 1899 pour un éjecteur de cartouches de fusil et une sûreté de revolver.

Sa marque était les lettres FD dans un losange surmonté d’une couronne.

Le marquage sur le fusil est peu lisible (une ancre bien sur) et ne correspond à rien de connu.

L’arme en elle-même est un simple fusil à percussion que rien ne démarque.

GG

Merci à RICK pour les photos.

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