Les plus belles réalisations de cet artisan, et bien d’autres encore, se trouvent dans le livre "Les armuriers Liégeois à travers leurs réalisation. 1800 - 1950".

Pour tous les détails voir : LES ARMURIERS LIEGEOIS

BERLEUR

BERLEUR

Réflexions sur une carabine de Michel BERLEUR

Un peu d’histoire

La carabine de Versailles a été fabriquée en 1793 par les ateliers qui allaient devenir la Manufacture d’armes de Versailles.

Cette arme destinée à l’armée est considérée d’une qualité supérieure aux autres armes réglementaires de la même époque.

C’est le directeur Nicolas BOUTET qui est déjà à la base de cette réalisation car il a su recruter des ouvriers de haut niveau, notamment à Liège, Guillaume BERLEUR en est l’exemple le plus connu.

L’arme est réalisée en deux versions dont la seule différence est la longueur, soit 125 cm pour l’infanterie et 78,6 cm pour la cavalerie.

Seule la carabine de cavalerie deviendra réglementaire en France.

Son canon est à huit pans et elle pèse 2 Kg 500.

Le canon de 13,5 mm de calibre est légèrement tromblonné à la bouche et est rayé au pas de 67 cm, de sept rayures en tourelles d’une profondeur de 6 mm environ.

La platine est à chien col de cygne, le bassinet en laiton et la batterie à léger retroussis.

La baguette en fer est relativement épaisse pour un chargement obligatoire au maillet avec un calepin de peau, ce qui pour un cavalier peu paraître être une mission impossible.

Bref, bien que très précise, cette carabine était peu appréciée des cavaliers français.

La carabine BERLEUR

Il s’agit d’une copie liégeoise librement inspirée de la carabine de Versailles.

Le fût court jusqu’à la bouche et la crosse courte est à joue, elle se termine par une plaque de couche en laiton. La longueur totale est de 76 cm.

Le canon est octogonal légèrement tromblonné et est d’un calibre de 17 mm à la bouche. Son épaisseur à la bouche est de 6 mm.

Il porte 7 rayures à droite, elles ont 2 mm de profondeur et 2,5 mm de large à fond concave.

Il mesure 38 cm hors queue de culasse. Il est fixé au fût par une vis à la queue de culasse, des goupilles transversales et une vis à travers la capucine, sous la baguette.

Les garnitures sont également fixées par goupilles transversales.

La hausse est à deux feuillets et le guidon en laiton.

La baguette en fer, tête de clou, sous le canon est à balancier pour éviter la perte au combat.

La platine à silex modèle AN IX est ronde, à chien plat et à cœur. Elle est gravée en lettres anglaises M. BERLEUR fct d’armes à Liège, marque qui d’après certains auteurs aurait été déposée en 1810 ?

Le bassinet et la contre-platine ou porte vis sont également en laiton.

Le pontet en laiton est à volute du même type que celui de la carabine autrichienne modèle 1789.

Marquages

Peu de marquages sur cette arme, à noter cependant sur le canon trois cartouches en creux avec lettres en relief soit PD – D et I , également le chiffre 11 et un V simplement frappé.

Leur signification nous est inconnue, peut être s’agit-il des marquages du canonnier et de marquages d’atelier ?

Notons l’absence de poinçons du banc d’épreuves de Liège indiquant qu’il s’agit d’une arme fabriquée avant 1811.

Le banc d’épreuves a été établi en 1811 à Liège faubourg Saint Léonard sous la férule de l’éprouveur LALOUX.

Michel BERLEUR marchand d’armes au pont d’Isle était à l’époque candidat syndic adjoint. Il le devint d’ailleurs en 1815.

Le fabricant

Michel BERLEUR a été actif en l’hôtel de l’état noble à Liège en Vinâve d’Ile de 1780 à 1815. Il travaillait de concert avec son frère Guillaume, qui lui-même fut actif de 1780 à 1840. La période de fabrication de cette arme peut-être estimée entre 1800 et 1810 alors que celle de la carabine de Versailles a été abandonnée en 1799 déjà !

Précisons qu’à l’époque seule la fabrication des armes de guerre était acceptée par l’empire français. La présente carabine correspondait donc bien aux exigences françaises mais en l’absence de poinçons spécifiques, rien ne nous permet d’affirmer qu’elle a été adoptée par les militaires.

Bibliographie

"L’industrie armurière liégeoise et le banc d’épreuves des armes à feu de Liège" – Jos. FRAIKIN – H. VAILLANT-CARMANNE - 1940.

"La Gazette des armes" n° 207 – 289 -

GG

Photos Littlegun

Guillaume BERLEUR

Guillaume BERLEUR fut un armurier liégeois réputé dont l'activité s'étendit de 1780 à 1840.

Il travaillait avec son frère MICHEL.

Lors de la période révolutionnaire à LIEGE, le commerce des armes fut contrôlé par les militaires français et l'activité très réduite. Vers 1800 de nombreux ouvriers armuriers furent envoyés où se portèrent volontaire en lieu et place du service militaire obligatoire dans la grande armée, à la manufacture de VERSAILLES.

C'est ainsi que G. BERLEUR travailla sous les ordres du directeur artiste Nicolas BOUTET.

Après la révolution BERLEUR s'installa dans une propriété récemment achetée en Vinâve d'Ile à LIEGE.

Il dépose en 1810 sa marque G. Berleur frappée en lettres cursives sur la platine de ses armes. Il fabriqua également des armes blanches tout en négociant des armes à feu.

Les deux pistolets à silex en photos sont à canons tromblonnés et crosse de type empire avec une magnifique pièce de pouce ouvragée et dorée.

Tous les accessoires sont également en laiton.

Je n'ai vu aucune mention de poinçon et de marquage sur les photos.

De même, je ne puis non plus dire le calibre ni si le canon est lisse ou à rayures (souvent cheveux à l'époque).

Il s'agit en fait des rayures du canon si fines qu'on les appelle "rayures cheveux".

GG

Photos aimablement autorisées par Collectors Firearms. USA

Un autre pistolet de Berleur.

Celui-ci est à double canon, double détente et double platine. La crosse est finement quadrillée et des garnitures en relief sont apposées sous le bois des canons. La garde de détente et le dessous du pommeau de crosse sont également gravés.

Alain

Michel Berleur

Fins pistolet liégeois à silex des alentours de 1780/1800, canon octogonal enluminé de façon originale en calibre 14mm.

Il porte la signature de Michel Berleur, fabricant liégeois spécialisé en armes de haute qualité, en particulier des pistolets.

Le bois de noyer se prolonge jusqu’au bout du canon, il est finement quadrillé dans la partie qui forme poignée et poli sur le reste. La baguette de nettoyage est passée dans deux pièces cylindriques.

Longueur totale 40,5 cm.

Alain

Merci beaucoup à "ARSENAL.DE" pour les photos.

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